Promotion PST Renault - Témoignage de Etienne LISSILLOUR

Le 12/11/2019

Promotion PST Renault - Témoignage de Etienne LISSILLOUR

Ayant, au cours de mon activité Renault, postulé et bénéficié d'une formation dans le cadre de la PST, je porte à votre connaissance mon témoignage récent dans la revue RENAULT HISTOIRE n° 46 d'octobre 2019.

LES CIRCONSTANCES DE LA VIE, LE COUP DE POUCE POUR RÉAGIR, LA NOUVELLE CHANCE

                                             ÉTIENNE LISSILLOUR

Nous sommes engagés souvent pour des causes, dans des situations que nous ne choisissons pas au départ, qui ne dépendent pas de nous et nous nous trouvons ainsi, gagnés par la curiosité et contraints à un effort continu pour accroître nos connaissances.

Ceci m’évoque la pédagogie de la découverte du “mouvement Freinet” qui était appliquée par Paul Le Bohec dans les années 1950 dans ma petite école de Trégastel au cœur de la côte de granite rose en Côtes-d’Armor. Cet enseignement a suscité l’intérêt que j’ai accordé constamment à l’acquisition de connaissances pour répondre aux besoins des activités exercées.

De formation technique, j’ai obtenu deux certificats d’aptitude professionnelle (ajusteur et dessinateur) et le brevet d’enseignement industriel fabrication mécanique. J’espérais rejoindre un groupe automobile. J’ai fait acte de candidature chez General Motors puis Renault où je suis embauché le 9 décembre 1957.

Renault Billancourt

Après mon service national (1960-1962), je quitte la division de la machine-outil pour rejoindre la direction des fabrications où il m’est proposé un essai de technicien en fabrication. Je suis affecté aux méthodes où j’assure la relation bureau d’études-fabrication au département 74 montage dans l’île Seguin.

En janvier 1967, je suis nommé contremaître au sein de l’atelier de montage Renault 4/Renault 6 habillage-sellerie. Je participe aux premières mises en œuvre de la suppression du pointage pour les ouvriers.

Depuis cinq ans, je fréquente assidûment les cours du soir Renault, ainsi que les cours de formation générale me préparant ainsi à l’examen d’entrée au Centre d’études supérieures industrielles (CESI) afin d’y poursuivre une formation d’ingénieur d’une durée de deux ans à temps complet.

À deux reprises, ma candidature n’a pas été retenue dans le processus de la promotion supérieure du travail (PST). J’espère obtenir l’accord de ma hiérarchie pour me présenter à nouveau, sinon je me présenterai en candidat individuel.

Mon ambition est un bon levier et j’ai le souci de faire les choses à fond et le mieux possible. Trouvez l’équilibre personnel et la satisfaction dans mon activité chez Renault est attestée par mes proches. Pourquoi changer ? Garder le bénéfice du fil du temps et de l’expérience ?

En 1968, ma demande est de nouveau instruite par le service de la PST. Le déroulement des entretiens et l’avis du jury des instances Renault qui s’investit pour m’assister dans la réalisation de mon projet d’évolution sont enclenchés. Le concours d’entrée à l’école d’ingénieurs est programmé.

Noël 1968, j’apprends mon admission au CESI pour la rentrée d’avril 1969.

Merci à l’organisation PST de Renault, je perçois cela comme une “considération”, certes un peu tardive à mon goût, mais je prends l’engagement de saisir ce levier qui me permettra de développer mes connaissances pour faire évoluer mon avenir professionnel et familial.

Au pied du mur, la confiance en soi accélère la personnalité et l’humilité est un frein

Donner la réalité à la “formation tout au long de la vie” c’est ce que je veux, ce que je souhaite mettre en œuvre dans mon environnement afin de résorber les inégalités fondées sur autre chose que le mérite et le potentiel de chacun. De plus, l’expérience déjà acquise au seuil de mes trente ans me permet d’affirmer que développer la performance des entreprises par la formation continue, la qualification, la validation des compétences et la promotion de leurs salariés est sans doute la voie à promouvoir.

Cette expérience me procure la capacité de mieux m’affirmer.

J’intègre la formation pour deux années, les plannings sont serrés, les cours de formation générale s’additionnent, les stages s’incluent dans nos vies familiales, l’entraide, la capacité de produire par petit groupe sont les règles pour faire face à la somme d’activités qui nous attend.

La promotion, soudée et parfois revendicative, accorde aussi du temps pour régler ses conflits (après 1968 c’est normal), rien n’est plus comme avant et il faut maîtriser ces sujets.

Cela étant le chantier ouvert est celui de la définition des compléments de formation à organiser pour être “le plus apte en sortie de formation » et chacun réfléchit à son projet professionnel pour mettre en œuvre son propre plan de connaissances complémentaires.

Durant l’année 1971, les compléments d’études en connaissances générales touchant à leurs fins, la cogestion est mise sur pieds par l’institution du CESI et chacun doit y inscrire ses objectifs d’études (stages en entreprise, stages linguistiques, sujets de mémoire de fin d’études, spécialisations si souhaitées, etc.)

La soutenance du mémoire devant jury me confirma cette capacité de m’affirmer et d’aimer ce que j’ai fait.

Les ingénieurs de la promotion 1969/1971, me désignent pour être leur représentant dans les instances du CESI. C’est peut-être cette expérience qui me pousse à me présenter et d’être élu président de l’association des ingénieurs CESI en 1999 et représentant au conseil d’administration de l’école d’ingénieurs.

Être “utilisable directement à l’issue de la formation”

Mars 1972, retour chez Renault, je retrouve mes anciens responsables hiérarchiques et mes collègues agents de maîtrise et techniciens de l’île Seguin. Il m’est confié l’organisation de la formation des opérateurs du département montage carrosserie.

Ce fût une période d’insertion émaillée de problèmes divers, l’essentiel étant lié à mon passé de 10 ans de technicien et d’agent de maîtrise dans ces mêmes lieux.

J’ai pris à cœur l’organisation de la formation du personnel du département montage, l’instruction aux meilleurs modes opératoires, formée des instructeurs.

Le poste suivant qui m’a été confié avait une autre dimension : responsable de la mesure du travail (établissement des temps de fabrication), des études de qualification et de classification du personnel de l’usine de carrosserie montage. Mon champ d’action s’étendra également à l’usine de mécanique c’est-à-dire à toutes les activités de fabrication de Billancourt.

Inclure les changements dans sa formation, ça fait partie du plan de formation en PST

En 1980, désireux de connaître une autre activité, je participe à l’élaboration d’un projet de construction d’un bâtiment sur un site industriel à usage tertiaire. En fin de programme, je devais prendre la fonction de responsable d’entretien. L’affaire est tentante, mais le projet fut abandonné.

En 1984, je suis nommé responsable d’entretien de l’ensemble des bâtiments tertiaires de Renault de la région parisienne et je suis affecté à l’établissement du siège.

En 1993, le secrétariat général me demande de participer à la création des méthodes du tertiaire et d’animer la fonction administration. En 1995, j’intègre la direction des affaires immobilières et j’assure le suivi du chantier de construction du centre technique de Guyancourt (Technocentre) et la réception technique des bâtiments au fur et à mesure de leur finition ainsi que la mise en place de la maintenance et des utilités sur ce site.

Jusqu’en 2000, année de mon départ en retraite, j’ai assumé la sécurité du site désaffecté de fabrication de “île Seguin” à Boulogne-Billancourt.

En conclusions : les apports de ma formation

Après ce parcours, je constate ses bienfaits :

    o prendre conscience de mes capacités et avoir confiance en moi

    o savoir endurer des conditions difficiles

    o ne pas se laisser troubler par les aléas industriels dont je n’ai pas la responsabilité

    o développer une ambition mesurée et savoir patienter

    o ne pas désirer et ne rien craindre

Tout au long de ma carrière, la culture de l’action m’a aidé dans mes décisions.

 


Rédigé par : LISSILLOUR Etienne
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