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Adieu Roméo - 13 Avril 2011

Poème - R.Ed. Sidorkiewicz

 - © DR


 - © DRComme dans la légende ils s’aimaient tendrement,
Mais leur histoire aussi finira tristement,
On leur avait donné des noms de circonstance,
Roméo puis Juliette eurent nos préférences.

Ils nous ont tant charmé durant tant de printemps,
Ils pouvaient vivre encore ensemble pour longtemps,
L’on n’imaginait pas que ce couple de cygnes
Verrait l’un d’eux mourir sous des coups si peu dignes.

Le sort l’avait choisi désignant Roméo,
C’est lui qui tombera de la main du bourreau
Et comme dans l’arène, agora des supplices,
Il agonisera satisfaisant le vice.

L’oiseau déjà blessé, couché sur le côté,
Dans un dernier sursaut le regard attristé,
Lança son dernier cri puis releva la tête
Comme pour dire adieu, ses yeux fixaient Juliette.

Puis se fit le silence et le cygne gisait
 - © DREt plus le temps passait et plus le temps pesait
Avant que des enfants devant l’insoutenable
Se mirent à crier devant l’irréparable.

Il était devenu pour bien plus qu’un quartier
Un ami de légende, un parent familier,
Il avait fière allure avec sa robe blanche,
Quand on venait le voir c’était toujours dimanche.
 - © DR
Quand le soir descendait leur cortège soyeux
En glissant sur les eaux paraissait si pieux,
Tous en file indienne, elle allait la première
Précédant ses petits, lui, restait à l’arrière.

Ils étaient somptueux et beaux comme des dieux,
Il est tombé vaillant sous des coups odieux
Aussi lâches que vils, protégeant sa famille,
Protégeant trois petits sortis de leur coquille.

Demain leurs oisillons devenus orphelins
Grandiront à leur tour face à d’autres destins
 - © DRMais nous ne vivrons plus les amours de ce couple
Qui construisaient leur nid jusqu’à ce qu’ils s’accouplent.

A ceux qui me diraient ou qui pourraient penser
Qu’il n’est pas raisonnable ainsi de s’offenser
Pour un oiseau sauvage et même pour un cygne,
Alors je répondrais à ces quidams indignes,

Qu’ils passent leur chemin si leurs seules valeurs
Sont le vice et le mal engendrant des malheurs ;
De l’homme ou de l’oiseau qui donc est le sauvage
Quand l’on torture et tue avec force, avec rage ?

Qu’on pardonne ma haine envers tous les salauds
Qui se plaisent à jouer des rôles de héros
En frappant lâchement un être sans défense
Protégeant tous les siens c’était sa seule offense.

Maintenant qu’il repose en paix sans plus souffrir,
Je ne pouvais laisser mon Roméo partir
Sans lui dédier mots qui réchauffent mon âme,
 - © DRIl l’avait tant bercée avec sa blanche flamme.

 - © DR

Ed. René Sidorkiewicz

* Malakoff, juil. 2010


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